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Après
l’échec des députés et sénateurs
à trouver un compromis pour adopter
le budget de l’État avant la fin de l’année,
Sébastien Lecornu va saisir le Conseil
d’État d’un projet de loi spéciale,
un outil législatif qui permet de sortir
temporairement de l’impasse budgétaire.
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Parmi les différentes
options à sa main pour sortir de l’impasse
budgétaire avant la fin de l’année,
le gouvernement va recourir à une loi
spéciale pour la deuxième année consécutive,
une sorte de reconduction a minima
du budget 2025 afin notamment de percevoir
les impôts. Le Premier ministre va
utiliser cette procédure exceptionnelle et le texte
devra être examiné par les deux chambres du Parlement
en début de semaine prochaine.
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La
commission des Finances de l’Assemblée
nationale est prête à examiner la loi
spéciale avant d’être discutée en séance,
sous réserve d’un Conseil des
ministres avant , a indiqué le président
de la commission des Finances de l’Assemblée
nationale. Contrairement à ce que dit le gouvernement,
cela permettrait même de faire 5 milliards
d’économies , a-t-il affirmé. Plus
mesuré, le rapporteur général du budget
estime qu’il n’est pas
impossible qu’elle permette de faire
quelques économies |
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Qu’est-ce qu’une loi spéciale ?
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Une loi spéciale doit permettre à l’État de fonctionner en l’absence
de budget voté et promulgué avant le 1er janvier.
Elle l’autorise à percevoir les impôts
existants, sans nouvelles mesures fiscales, et s’accompagne
d’un décret limitant les dépenses
aux services votés l’année précédente
et jugés indispensables pour poursuivre
l’exercice des services publics.
Une
loi spéciale ne dispense pas de la poursuite
des débats début 2026 pour adopter
un budget en bonne et due forme.
Contrairement aux États-Unis, la loi de finances
spéciale en France permet d’éviter
une paralysie budgétaire à l’américaine :
les fonctionnaires sont payés, les retraites
versées, les soins remboursés.
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Des précédents
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Le recours à une loi spéciale
est rare mais cet outil législatif a déjà
été utilisé sous la Ve République.
Son adoption ne présente
normalement pas de difficulté particulière
car elle ne revêt pas de réel
caractère politique. En décembre 2024, le Parlement
avait voté une telle loi après
la chute du gouvernement Barnier.
Un budget 2025 avait finalement été adopté
mi-février. Auparavant, le gouvernement Barre
avait dû y recourir en 1979 après
censure du budget pour 1980 par le Conseil
constitutionnel.
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Et,
en 1962, des élections législatives
anticipées en novembre avaient rendu
impossible l’adoption d’un budget
dans son intégralité avant la fin
de l’année. Le nouveau
gouvernement Pompidou avait alors procédé en deux
temps : le vote sur la partie
recettes fin décembre, puis sur les dépenses
en février 1963. |
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Quel impact pour l’économie ?
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La loi spéciale n’est pas
un budget, c’est un service
minimum qui ne peut pas durer sans conséquences
lourdes sur la vie du pays et des Français ,
selon la ministre des Comptes
publics, Amélie de Montchalin.
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Dans
une interview à La Montagne, elle précisait
qu’avec un tel texte, le pays
n’investit plus , ne lance
plus de projets, ne peut pas par
exemple engager un réarmement
supplémentaire .Selon l’Observatoire français
des conjonctures économiques (OFCE), ce régime
exceptionnel appliqué à l’ensemble de l’année 2026
ferait perdre 6,5 milliards d’euros de recettes
à l’État. Les dépenses
seraient réduites de trois milliards
d’euros et le déficit public pourrait
atteindre 5,5 % du PIB, après 5,4 %
attendus par le gouvernement en 2025.
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Le
scénario serait évidemment moins sombre si
les discussions budgétaires
aboutissaient début 2026. Néanmoins, il
compliquerait la trajectoire de la France
pour réduire son lourd déficit
public, que le gouvernement souhaite réduire
à 4,7 % l’an prochain. Une loi spéciale
nous conduirait à un déficit
nettement supérieur à ce qui est
souhaitable , notamment parce qu’elle
ne comporte pas de mesures
d’économie , selon le gouverneur
de la Banque de France, François Villeroy
de Galhau. Au-delà de 5 %
de déficit, la France se mettrait
en danger, a-t-il estimé. |
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