|
La nouvelle version de la proposition de
loi destinée à apporter une réponse
intégrale au phénomène des violences
sexistes et sexuelles contre les femmes et les
enfants a été déposée à l’Assemblée
nationale le 11 août 2026. Sur ces
sujets, l’impunité demeure trop
souvent la norme, nourrie par un manque criant
de moyens, un déficit de protection et
d’accompagnement, une formation insuffisante
des professionnels et un système judiciaire
encore insuffisamment adapté au traitement
des violences sexistes et sexuelles, font
valoir les députés dans l’exposé des
motifs.
Initiée par la députée du groupe
Socialistes et apparentés, Céline Thiébault-Martinez
(Photo ci-contre), cette nouvelle version fait
suite aux avis du Conseil d’État et du
Conseil économique, social et environnemental
(CESE), publiés dans le courant de l’été,
et comporte des mesures spécifiques visant à
protéger les fonctionnaires et les agents
victimes de violences sexistes et sexuelles.
Dans son avis publié le 16 juillet
2026, le Conseil d’État observe
effectivement que la rédaction de la
proposition de loi inclut dans son champ les bénévoles
et les professions exerçant à titre libéral,
qui n’ont pas vocation à être régis par
le code du travail et qu’à l’inverse, il
ne concerne pas, eu égard au champ
d’application du code du travail, les agents
publics.
Parmi les mesures phares : la nécessité
d’intégrer la prévention des violences
sexistes et sexuelles au dialogue social de la
fonction publique. La disposition découle
directement de l’avis du Conseild'Etat, et souligne que la prévention et la lutte
contre les agressions sexuelles, le harcèlement
sexuel et les agissements sexistes doivent être
ajoutés aux thèmes de négociation dans la
fonction publique et concerneraient
directement le dialogue social entre
employeurs publics, organisations syndicales
et représentants des agents.
Le texte implique également la création de
nouveaux droits pour les agents publics
victimes et notamment un renforcement de
l’information sur la protection
fonctionnelle. Tout agent public devrait
être informé de son droit à bénéficier de
la protection fonctionnelle dès le premier
signalement, indique le texte. Il s’agit
bien ici d’un droit à l'information et cela ne veut pas pour autant dire que la
protection fonctionnelle serait
automatiquement accordée.
La
proposition de loi prévoit par ailleurs que
les agents publics qui s’estiment victimes
d’agressions sexuelles, de harcèlement
sexuel ou d’agissements sexistes pourraient
bénéficier de plein droit et sur
justificatif d’autorisations spéciales
d’absence (ASA) supplémentaires pouvant
aller jusqu’à 10 jours ouvrables. L’idée
est de leur donner du temps pour réaliser un
certain nombre de démarches de nature
judiciaire, médicale, administrative ou
encore professionnelle.
|