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Le
Conseil d’État vient d’annuler un décret
interdisant l’utilisation de certains
contenants alimentaires en plastique dans les services
de restauration collective des établissements
scolaires.
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Plastalliance, l’organisation
professionnelle de l’industrie plastique,
crie victoire. Par une décision du 8 avril 2026,
le Conseil d’État a annulé le décret
du 28 janvier 2025 relatif aux dérogations
à l’interdiction, prévue au III
de l’article L. 541-15-10 du Code
de l’environnement, d’utiliser
certains contenants alimentaires en plastique.
Camouflet supplémentaire pour l’État, il est
condamné à verser la somme de 3.000 euros
au syndicat Plastalliance.
Le
décret contesté définissait les contenants
alimentaires de cuisson, de réchauffage
et de service en plastique dont
l’utilisation est interdite dans les services
de restauration collective des établissements
scolaires et universitaires, des établissements
d’accueil des enfants de moins de
6 ans, ainsi que, sauf dérogation, dans
les services de pédiatrie, d’obstétrique
et de maternité, les centres périnataux
et les services de protection
maternelle et infantile (P M I ). Prévue
initialement le 31 janvier 2025,
la mise en œuvre de cette interdiction
a été reportée au 1er janvier 2028
au plus tard dans les collectivités
territoriales de moins de 2.000 habitants. |
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La France aurait dû prévenir
l’Europe ... |
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Le syndicat Plastalliance demandait
l’annulation du décret pour excès de pouvoir.
Sans se prononcer sur l’usage et
la nocivité du plastique dans la restauration
collective, le Conseil d’État lui a
donc donné raison, au motif que la France
a méconnu ses obligations européennes.
Le décret aurait dû être notifié
à la Commission européenne en application
de l’article 5 de la directive (UE) 2015/1535
du 9 septembre 2015, juge le Conseil
d’État. En effet, cet article
impose la communication à la Commission
de tout projet de règle technique,
à l’exception de celles qui constituent la
transposition d’une norme internationale ou
du droit de l’Union européenne.
Il n’est pas douteux, en l’espèce,
que l’interdiction de l’usage des
contenants en matière plastique dans certains
secteurs de la restauration
collective constitue une règle technique, au
sens de cette directive.
Pour
Plastalliance, la justice rappelle une évidence
que cette organisation professionnelle
martèle depuis des années : la directive
européenne de 2019 ne vise expressément
que la réduction des plastiques
à usage unique. En tentant
d’interdire, par la bande, les contenants
en plastique réutilisables et durables, la France
a fait de la surtransposition
sauvage et illégale. Le plastique réutilisable
est un pilier de l'économie circulaire, il a
toute sa place dans nos réfectoires ,
insiste Plastalliance. Et d’ajouter :
en voulant imposer cette interdiction
de force, le gouvernement a créé
une règle technique ayant un impact
sur les échanges économiques et sur le marché
intérieur, sans même daigner la notifier
à la Commission européenne au préalable.
Craignait-elle sa réaction pour l’ignorer ?
Une faute de procédure majeure qui lui vaut
aujourd’hui cette annulation.
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Selon
Plastalliance, une décision qui évite
la ruine des maires et le dos
cassé des agents de cantine
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C’est une victoire éclatante
pour le droit, pour le bon sens, et surtout
pour nos territoires , s’enflamme
Plastalliance, saluant une décision
historique. Au-delà du droit, c’est
la réalité du terrain qui triomphe,
estime l’organisation professionnelle.
Prévue pour s’abattre en 2028
sur les communes de moins de . 000 habitants,
cette interdiction était une bombe
à retardement financière et sociale.
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«Remplacer le plastique ? Très bien, mais par
quoi et à quel prix ? , interroge
Plastalliance. Le verre, l’acier,
l’aluminium ou la céramique sont issus
d’industries ultra-énergivores, lourdement
dépendantes du gaz fossile,
rappelle-t-elle. Leurs coûts
explosent. Imposer ces matériaux aux petites
collectivités, c’était les condamner
à des dépenses faramineuses qu’elles ne peuvent
plus supporter. Sans parler des coûts
de transport et de carburant pour
les opérations de lavage quand
celui-ci n’est pas internalisé. Et que
dire de l’humain ? Demandez aux agents
territoriaux ! », poursuit
l’organisation professionnelle. Remplacer
les bacs de restauration en plastique
par des bacs en inox ou en verre, c’est
multiplier le poids des charges portées à bout de bras
chaque jour. C’est
transformer le moment du repas en un enfer
sonore insupportable pour le personnel
comme pour nos enfants. |
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Avec l’annulation des définitions
des contenants, c’est l’ensemble de l’interdiction
qui s’effondre, se réjouit
Plastalliance. Les collectivités,
petites et grandes, retrouvent
aujourd’hui la liberté totale de choisir
le matériau qu’elles jugent le plus
pertinent, le plus ergonomique et le plus
économique pour leurs cantines. Si le gouvernement
souhaite s’entêter et rédiger un nouveau
décret, il est prévenu : il devra,
cette fois-ci, passer sous le contrôle
rigoureux de la Commission européenne.
Et Plastalliance sera là , annonce
déjà l’organisation professionnelle de l’industrie
plastique. |
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