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Lundi |
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4 mai 2026 |
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Santé
mentale au travail : quelques chiffres, beaucoup d’inquiétudes
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Ce
28 avril, c’est la journée mondiale de la sécurité
et de la santé au travail, que promeut et relaie
dans plus de 180 pays l’Organisation
Internationale du travail (OIT). Cette année,
l’OIT a choisi d’insister sur la nécessité
d’agir pour un environnement de travail
psychosocial sain.
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L’occasion
pour la CFTC de revenir sur les chiffres de la
santé mentale au travail en France, qui
s’est significativement dégradée ces dernières
années..
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Pour notre organisation, ce phénomène doit
nécessairement alerter les employeurs, en vue
de co-construire avec les représentants du
personnel des organisations du travail plus
soutenables et protectrices de la santé
physique et mentale des salariés.
Alors
que les arrêts maladie connaissent une
augmentation significative– pour partie
expliquée par le vieillissement de la
population active et l’allongement de la durée
des carrières – ce sont plus spécifiquement les
arrêts de travail pour motifs psychologiques qui
s’accroissent radicalement depuis une
dizaine d’années. Le 28 avril – journée
mondiale de la santé et de la sécurité au
travail, la CFTC tient donc à alerter sur le
sujet de la souffrance psychique au travail,
dont les causes structurelles sont encore très
largement sous-traitées. |
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16% des arrêts de travail
auraient pour motif des troubles
psychologiques… |
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A cet égard, quelques
données simples – communiquées par divers
acteurs du marché de la santé, de la prévoyance
et de la protection sociale – illustrent aisément
l’ampleur du problème : selon la
mutuelle APICIL, les arrêts pour motifs
psychologiques représentent aujourd’hui plus de
40% des arrêts de plus de 90 jours,
devant les troubles musculosquelettiques. En
2026, le baromètre annuel sur la vie en
entreprise de l’assureur Axa signalait aussi
que la part des troubles psychologiques dans
les arrêts de travail de longue durée était
une nouvelle fois en hausse, de près de 8%.
Il s’agirait de la plus forte augmentation
observée à ce sujet, sur les quatre dernières
années. Cette tendance est plus globalement
corroborée par le baromètre Absentéisme
2025 de Malakoff Humanis, qui souligne que 16%
des arrêts de travail auraient désormais
pour motif des troubles psychologiques. Ils
représenteraient la 2e cause des arrêts de
travail en France derrière les maladies
ordinaires, qui constituent 40% des cas. L’Assurance
Maladie pointe par ailleurs que les accidents
du travail avec une affection psychique et/ou
un contexte de risques psychosociaux identifiés
ont augmenté de 14 % en 2024, frôlant les 29
000 cas. Ce type de lésions ne concernait que 1,6 %
des accidents du travail il y a dix ans, quand
ils en représentent aujourd’hui plus de 5%.
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Certains métiers sont
plus sujet à l’épuisement
professionnel ... |
Précisions que ces données
brutes masquent des réalités professionnelles
très hétérogènes :
l’accroissement de la souffrance psychique
au travail – et l’épuisement qui en découle
– est en effet plus prononcé dans certains
secteurs et métiers ciblés, en raison des
conditions d’emploi, du niveau
d’autonomie, et des exigences spécifiques
des professions et travailleurs concernés. A
titre d’exemple, près de 60 % des médecins
spécialistes et 50 % des infirmiers signaleraient
des symptômes de burn-out, quand 39
% des ouvriers et des employés jugent leur
travail « insoutenable », selon la dernière
grande étude de la DARES sur les conditions
de travail publiée en 2019. Pour finir,
soulignons que les femmes sont concernées par
deux tiers des demandes de reconnaissance en
maladies psychiques professionnelles. Une
particularité qui s’explique pour partie du
fait de la répartition sexuée des métiers, selon
l’Agence nationale pour l’amélioration
des conditions de travail (ANACT) :
En raison des professions qu’elles
occupent – essentiellement dans le secteur
des services – les femmes sont
particulièrement exposées à certaines
contraintes, écrit l’ANACT. Ces contraintes sont les suivantes: multitâches
et interruptions fréquentes, autonomie
restreinte, charge relationnelle ou
organisationnelle, travail émotionnel…
Elles sont ainsi particulièrement exposées
aux risques psychosociaux…Cependant, ces
risques sont souvent invisibilisés et elles bénéficient
de peu d’actions de prévention. |
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Pour
un travail plus soutenable, il faut
transformer son organisation ... |
Cette dégradation de la
santé mentale au travail – et la hausse
importante des arrêts maladie qui en découle
– interroge nécessairement la CFTC. Si la
charge financière supplémentaire qu’elle
fait peser sur l’Assurance maladie est préoccupante,
elle doit avant tout être regardée comme le
symptôme d’une détérioration
manifeste et significative des conditions de
travail en France. Ces atteintes à la soutenabilité du travail sont pour
partie liées à une fragilisation du dialogue
social, à l’image de la suppression
des CHSCT en 2017, une instance représentative
du personnel spécifiquement chargée de la prévention
et de la santé au travail, dont la CFTC
demande le plein rétablissement. |
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De manière générale,
notre organisation observe que les représentants
du personnel ne sont pas suffisamment associés
ni outillés pour assurer une prévention
efficace des risques psychosociaux. Le bilan décevant
de la prise en compte de la santé psychique
dans le cadre des négociations sur la qualité
de vie et les conditions de travail (QVCT) en
atteste : en 2022, seuls 941 accords
d’entreprise (sur un total de 114.000
accords signés cette année-là) ont été
consacrés à la question des conditions de
travail. Dans un ordre d’idées similaire,
seuls 26 accords de branche portaient sur les
conditions de travail en 2021, contre 377 sur
les salaires. Les transformations récentes du
marché de l’emploi – de l’explosion de
l’auto-entreprenariat à « l’ubérisation
» de certains métiers et savoir-faire, en
passant par l’émergence de l’IA générative
– nécessitent
pourtant de repenser en profondeur le travail
et son organisation.
A cet égard, il est nécessaire de renforcer
les moyens et règles assurant un meilleur
cadrage – via le dialogue social et
professionnel – des délais imposés aux
salariés, de la définition de leurs tâches,
de leur autonomie, de la configuration de leur
poste et de leur espace de travail, de leur
rapport avec la hiérarchie etc…Autant de
changements structurels qui permettront, à
terme, d’assurer un travail plus soutenable
pour les travailleurs, sur le plan psychique
et psychologique. |
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