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    Mardi
            26 mai  2026
                      à 8 h 00

   Protection des agents :  un deuxième plan face à la montée des violences  ...

 

       

Agressions verbales, violences physiques, cyberharcèlement : les agents publics font face à une montée des violences dans leur exercice professionnel. Face à ce constat, l'administration s'apprête à présenter, en mai, les grands axes de son plan de protection des agents publics contre les violences en milieu professionnel.

 
 

Entre simplification des dispositifs de signalement, poursuite de la réforme de la protection fonctionnelle et lutte contre les atteintes numériques, les ambitions sont affichées. Mais leur capacité à faire réellement reculer l'insécurité du quotidien reste, elle, entière.

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La violence s’installe dans le quotidien professionnel des agents publics. Selon le dernier baromètre sur l’état du travail, consacré à la fonction publique, 35 % des agents subissent des agressions verbales. Une situation qui concerne 50 % des enseignants. Aussi, 20 % des agents interrogés rapportent des agressions physiques et le chiffre monte à 29 % dans la fonction publique hospitalière, particulièrement dans les catégories A et B.

 

Par ailleurs, 8 % des agents publics interrogés  disent subir du cyberharcèlement. Face à cette situation, l’administration et les employeurs semblent impuissants. Toujours selon le baromètre, dans ce contexte de violences, le soutien institutionnel fait clairement défaut. 56 % des agents considèrent que leur administration n’est pas attentive à la santé de ses agents et ils ne sont que 13 % à se sentir soutenus par leur ministère de tutelle et 31 % par leur administration.

 

Pourtant, un premier plan de protection des agents publics avait été lancé en septembre 2023 par le ministre de la Fonction publique de l’époque, Stanislas Guerrini, et un deuxième plan sera présenté, le 19 mai, aux organisations syndicales de la fonction publique. Au programme de ce dispositif destiné à lutter contre les violences en milieu professionnel, une feuille de route structurée en quatre axes : des dispositifs de signalement d’événements violents plus accessibles et plus réactifs, une meilleure prise en charge par l’administration lors de la survenue de violences, un renforcement de l’analyse des situations de violences ou encore la promotion d’une culture de la tolérance zéro dans la fonction publique.

 

Il s’agit en premier lieu de mettre en place un parcours simplifié de signalement autant pour les agents victimes que pour les témoins via un guichet unique par employeur. Les agents publics sont en effet nombreux à se dire découragés par la complexité des dispositifs pour une reconnaissance et une prise en compte qui n’est absolument pas garantie. Concrètement, l’administration entend établir un standard commun de fonctionnement et d’organisation avec, par exemple, une dénomination explicite, la capacité à transmettre des données consolidées ou encore la garantie de la neutralité des acteurs mobilisés.

 

L’objectif est également de poursuivre la réforme de la protection fonctionnelle. Parmi les mesures envisagées, dont certaines nécessitent un vecteur législatif : étendre la possibilité du dépôt de plainte au nom de l’agent victime à tous les employeurs de la fonction publique, étendre la protection fonctionnelle à titre conservatoire pour les ayants droit des agents, étendre la protection fonctionnelle devant les juridictions financières dans le cadre du régime de responsabilité financière des gestionnaires publics. Et encore actualiser la circulaire du 5 mai 2008, relative à la protection fonctionnelle des agents publics de l’État dans un objectif de simplification des démarches pour les agents.

 

À cette occasion, l’administration a dressé un bilan chiffré du dispositif qui fait état d’un taux d’octroi de la protection fonctionnelle passé de 89 % en 2024 à 87 % en 2025, sachant que 98 % des protections octroyées émanent du ministère de l’Intérieur et de l’Éducation nationale.

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Améliorer la prise en charge des agents victimes ...

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On remarque également, entre 2024 et 2025, une hausse dans certains ministères des demandes de protection fonctionnelle par les agents. Elle est notamment sensible à l’Éducation nationale, au ministère de l’Agriculture, au ministère des Armées mais aussi à la Transition écologique. Concernant les motifs qui ont justifié ces demandes, l’atteinte à l’intégrité physique arrive en première position, suivie de l’atteinte morale, à savoir la diffamation, l’injure ou l’outrage, et ensuite les menaces.

 

L’administration rappelle également que la protection fonctionnelle pour l’ensemble des ministères a coûté plus de 20 millions d’euros en 2025 avec près de 17 millions dépensés pour le seul ministère de l’Intérieur.

 

Autre priorité : outiller les administrations pour les protéger des atteintes numériques, faciliter le retrait du contenu numérique visant les agents publics, et sensibiliser davantage au bon usage des réseaux sociaux au regard des obligations déontologiques. L’urgence est également de mieux prendre en charge les agents victimes de violences en favorisant les mesures conservatoires à destination des agents mis en cause.

 

Afin de mieux mesurer le phénomène, l’administration souhaite également intégrer des indicateurs liés au sentiment de vulnérabilité dans les baromètres sociaux, mais aussi organiser des enquêtes régulières sur les sujets d’incivilités ou encore de sanctions disciplinaires. Il s’agit aussi de systématiser les démarches d’analyse des incidents, l’existence de cellules de veille ou encore d’intégrer complètement ce risque professionnel dans les politiques de prévention.

Sachant que certaines mesures figuraient déjà dans le plan de protection de 2023, ou de manière très proche, reste à savoir si elles permettront réellement de réduire le sentiment d’insécurité des agents publics dans leur quotidien professionnel.

                      

                                                         

                                       

                           

                        

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