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La violence s’installe dans
le quotidien professionnel des agents publics.
Selon le dernier baromètre sur l’état
du travail, consacré à la fonction publique,
35 % des agents subissent des agressions
verbales. Une situation qui concerne 50 %
des enseignants. Aussi, 20 % des agents
interrogés rapportent des agressions
physiques et le chiffre monte à 29 %
dans la fonction publique hospitalière,
particulièrement dans les catégories A et B.
Par ailleurs, 8 % des
agents publics interrogés
disent subir du cyberharcèlement. Face
à cette situation, l’administration
et les employeurs semblent impuissants.
Toujours selon le baromètre, dans ce contexte
de violences, le soutien institutionnel fait
clairement défaut. 56 % des agents
considèrent que leur administration n’est
pas attentive à la santé de ses agents et
ils ne sont que 13 % à se sentir
soutenus par leur ministère de tutelle et 31 %
par leur administration.
Pourtant, un premier plan de
protection des agents publics avait été lancé
en septembre 2023 par le ministre de la
Fonction publique de l’époque, Stanislas
Guerrini, et un deuxième plan sera présenté,
le 19 mai, aux organisations syndicales
de la fonction publique. Au programme de ce
dispositif destiné à lutter contre les
violences en milieu professionnel, une feuille
de route structurée en quatre axes : des
dispositifs de signalement d’événements
violents plus accessibles et plus réactifs,
une meilleure prise en charge par
l’administration lors de la survenue de
violences, un renforcement de l’analyse des
situations de violences ou encore la promotion
d’une culture de la tolérance zéro dans
la fonction publique.
Il s’agit en premier lieu
de mettre en place un parcours simplifié de
signalement autant pour les agents victimes
que pour les témoins via un guichet unique
par employeur. Les agents publics sont en
effet nombreux à se dire découragés par la
complexité des dispositifs pour une
reconnaissance et une prise en compte qui
n’est absolument pas garantie. Concrètement,
l’administration entend établir un standard
commun de fonctionnement et d’organisation
avec, par exemple, une dénomination
explicite, la capacité à transmettre des
données consolidées ou encore la garantie de
la neutralité des acteurs mobilisés.
L’objectif est également
de poursuivre la réforme de la protection
fonctionnelle. Parmi les mesures envisagées,
dont certaines nécessitent un vecteur législatif :
étendre la possibilité du dépôt de plainte
au nom de l’agent victime à tous les
employeurs de la fonction publique, étendre
la protection fonctionnelle à titre
conservatoire pour les ayants droit des
agents, étendre la protection fonctionnelle
devant les juridictions financières dans le
cadre du régime de responsabilité financière
des gestionnaires publics. Et encore
actualiser la circulaire du 5 mai 2008,
relative à la protection fonctionnelle des
agents publics de l’État dans un objectif
de simplification des démarches pour les
agents.
À
cette occasion, l’administration a dressé
un bilan chiffré du dispositif qui fait état
d’un taux d’octroi de la protection
fonctionnelle passé de 89 % en 2024 à
87 % en 2025, sachant que 98 % des
protections octroyées émanent du ministère
de l’Intérieur et de l’Éducation
nationale. |