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Aujourd’hui,
les citoyens souhaitent être associés
à la prise de décision publique
au-delà des échéances électorales. La Cour
des comptes, qui a étudié les dispositifs
existants, souligne leur hétérogénéité et
l’absence de cadre méthodologique.
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Information, consultation, co-décision… La
participation citoyenne qui vise à associer
la population à l’élaboration, à la mise
en œuvre ou à l’évaluation des politiques,
projets ou services publics qui les concernent,
en dehors des grands rendez-vous électoraux,
prend des formes plus ou moins élaborées.
Alors que les Français
souhaiteraient être davantage consultés, les dispositifs
de participation citoyenne sont toutefois
sous-utilisés, si l’on s’en réfère
à un rapport publié par la Cour
des comptes le 17 septembre 2026.
La Cour examine les dispositifs de l’État
qui sont au nombre d’une vingtaine
(grand débat national de 2019,
plateforme Agora, consultations du Conseil
économique, social et environnemental…).
Elle
revient aussi sur les procédures adoptées
par les collectivités. Réunions ou débats
publics, conseils de quartiers, conseils
citoyens, co-construction de projets, conseils
de jeunes, budgets participatifs… En 2020,
huit collectivités de plus de 50.000 habitants
sur dix disposaient d’une ou plusieurs
procédures de participation des
citoyens. En 2022, on comptait
notamment 432 budgets participatifs.
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« Consultation parallélisée »
du public ... |
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Alors qu’initialement, la participation
citoyenne était limitée à l’enquête
publique (expropriation pour motif d’intérêt
général, travaux d’infrastructures) et
à l’environnement à travers la Commission
nationale du débat public (CNDP),
ce sont désormais surtout les collectivités
locales qui en sont à l’origine.
L’enquête publique, très formelle, est
inadaptée à la complexité des projets
actuels et décalée avec la réactivité
des réseaux sociaux : réunions
publiques peu fréquentées, faibles
contributions aux registres, formalisme
du rapport du commissaire enquêteur,
absence de suivi après la déclaration
d’utilité publique ou la réalisation
d’un projet… Et cette procédure
peut coûter cher, en fonction de sa durée
et de sa complexité : environ
25.000 euros pour un schéma de cohérence
territoriale (Scot), dont près de 18.000 euros
pour le commissaire enquêteur.
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Pour
les projets relevant d’une autorisation
environnementale, une « consultation
parallélisée » du public remplace
maintenant souvent l’enquête publique. Soit
quatre types de consultations menées
en parallèle : auprès des services
contributeurs, des entités dont l’avis
est requis, des collectivités et du public.
Chacun peut connaître, au fur et
à mesure, les observations et
propositions du public et les avis
des instances consultées. La procédure
se déroule presque intégralement par voie
électronique, avec deux réunions
publiques placées sous l’autorité du commissaire
enquêteur, qui émet son avis à la fin
par un rapport et des conclusions
motivées. Il communique également au pétitionnaire
les observations et propositions des citoyens. |
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Un
manque de cadre méthodologique
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Pour autant,
qu’il s’agisse de l’État ou des collectivités,
les dispositifs auraient besoin d’un cadre
méthodologique et d’une clarification
réglementaire. En outre, la prise
en compte des conclusions des travaux
des citoyens (la redevabilité )
et de leur restitution au public,
lors de la décision de l’organisme
public, est une question centrale, précise
la Cour. Car, en cas de décision
réglementaire ou législative, une obligation
de reprise intégrale des conclusions
des participations citoyennes serait une atteinte
aux prérogatives des pouvoirs
publics et des élus . En revanche,
il serait nécessaire de mieux expliquer
pourquoi leurs contributions ont été
ou non prises en compte.
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Il faudrait
aussi articuler les phases de consultation et
de décision pour s’assurer qu’il n’y a
pas de confusion entre participation
citoyenne et prise de décision
publique et pour rendre les dispositifs
plus simples, plus lisibles et moins
coûteux, notamment dans le cas des enquêtes
publiques.La Cour des comptes recommande notamment d’évaluer
la faisabilité et le coût de l’anonymisation
des contributions déposées à
l’occasion du grand débat de 2019
qui a suivi la crise des gilets
jaunes. Objectifs : alimenter les consultations
citoyennes à venir et permettre au public
d’accéder à ces contributions.
Elle suggère aussi que, d’ici fin 2028,
un projet de loi modifie la loi
organique du 15 janvier 2021
relative au Cese afin qu’une pétition,
déposée dans les conditions définies
par cette loi, entraîne automatiquement
la création d’une convention
citoyenne sur le thème de la pétition.
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