| |
|
Le
projet de loi visant à renforcer l'État local a
été retiré de l'ordre du jour du Sénat le 25 juin,
avant même d'y avoir été débattu. Derrière
cette décision du gouvernement, une opposition
rare dans son ampleur et sa coordination,
notamment portée par les associations d'élus.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|


|
Le gouvernement a annoncé le retrait du projet de loi visant à
renforcer l’État local comme un choix
de calendrier, au profit du projet de loi
Relance logement, jeudi 25 juin 2026.
Difficile d’y croire selon le sénateur LR
et rapporteur du texte : Il faut
assumer la réalité de ce qu’est ce
retrait. Personne n’en voulait, assure-t-il. L’élu
avait lui-même annoncé, lors de l’audition
par la commission des lois du Sénat la
veille, qu’il s’apprêtait à déposer des
amendements de suppression.
Si les associations d’élus ont unanimement rejeté
le texte, c’est en particulier en raison de
l’article instaurant un pouvoir général de
substitution du préfet aux collectivités en
cas de carence. Pour l’Association des
maires de France (AMF), cette disposition
constitue l’une des trois raisons justifiant
le retrait du texte, aux côtés de la
nouvelle contractualisation avec fléchage des
crédits de l’État et de la création
d’une conférence départementale des réseaux. Elle
a été très ferme : autant les
exceptions actuelles sont compréhensibles et
ne sont pas l’objet d’excès d’usage par
le représentant de l’État, autant le
risque d’un pouvoir plus dérogatoire mais
permanent constitue un risque de
recentralisation, De son côté,
l’Association des petites villes de France (APVF)
souligne que ce texte ne satisfaisait personne
et avait déçu tous ceux qui attendaient une
véritable loi de décentralisation. |
|
|
|
|

|
|
|
|
| *6


|
|

|
Les agences également opposées
à ce texte ...
|
|
|
Les réserves des élus s’inscrivent dans un
contexte plus large : l’écart entre
les engagements pris par le Premier ministre Sébastien
Lecornu à sa prise de fonction en septembre
2025, qui promettait un nouvel acte de décentralisation
avec de nouveaux transferts de compétences,
et un texte finalement centré sur le
renforcement des pouvoirs du préfet. Nous
ne voulions pas qu’on habille sous le
vocable de décentralisation ce qui n’en était
pas… Les associations reprochent également
au gouvernement de ne pas avoir été associées
à l’écriture du texte. Selon elles,
l’inverse aurait permis d’avoir un texte
plus pertinent et utile.
99
L’opposition
au texte s’est également propagée au sein
des agences dénonçant notamment l’article
7 du projet de loi qui prévoyait le
rattachement de l’Agence de la transition écologique (Ademe)
au champ de coordination du préfet. Il
n’y avait pas d’apport particulier à
renforcer le pouvoir des préfets en région
pour l’Ademe car cela existait déjà,
mais ce qui est général, c’est un
affaiblissement de toutes les agences avec
l’idée de diminuer leurs moyens et leur
budget. Un rassemblement du Collectif des
agences en lutte – qui réunit les
syndicats de 17 agences et opérateurs de l’État,
dont ceux de l’Ademe, de l’ANCT, ou encore
de Santé publique France – prévu
le 23 juin aux Invalides à Paris a été
annulé en raison de la canicule mais reporté
au jeudi 2 juillet. Même si le
projet de loi a été retiré, on maintient
notre mobilisation, selon le collectif,
anticipant de nouvelles coupes budgétaires
dans le cadre du projet de loi de finances
2027.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| 99

|
 |
Des sujets au cœur du débat
2027 ... |
Concernant l’avenir du projet de loi État
local, le gouvernement assure conserver sa
volonté de faire aboutir les mesures du
texte, en en intégrant certaines dans le
projet de loi Relance logement. Les
associations d’élus, elles, ont émis
l’idée d’intégrer les dispositions
favorables aux collectivités dans le projet
de loi sur la simplification des normes, adopté
par le Sénat.
De
manière générale, les organisations espèrent
une reprise du dialogue avec le gouvernement. Le
cadre politique d’après l’été
s’annonce-t-il plus propice ? En tout
cas, peut-être que ces sujets seront au cœur
de la campagne présidentielle et par la suite
des élections législatives, estime
l’AMF. De son côté, l’APVF appelle plus
fermement à attendre l’élection présidentielle
de 2027, souhaitant que le prochain acte de décentralisation
soit mis en œuvre par de véritables décentralisateurs. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|