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Le constat est le même chaque année. En matière d’égalité
professionnelle, les choses avancent
doucement, mais les progrès sont visibles. À
l’occasion de la journée internationale des
droits des femmes qui s’est tenue le
dimanche 8 mars, la direction générale
de l’administration et de la fonction
publique (DGAFP) a dressé un bilan des avancées
récentes en matière d’égalité
professionnelle dans la fonction publique. Et
nul ne peut le nier, les chantiers avancent.
L’écart de rémunération brute entre les
femmes et les hommes dans les ministères est
ainsi passé de 15 % en 2015 à 9,8 %
en 2025 et, à travail égal, il s’établit
à 8,5 %. Des évolutions qui
s’expliquent néanmoins par le recul du
temps partiel des femmes, passé de 18 %
à 13 %, leur progression dans les
emplois d’encadrement supérieur ainsi que
par l’augmentation de la part des femmes en
catégorie A, de 55 % à 61 %.
La direction rappelle par ailleurs que les femmes représentent 43 %
des primo-nominations aux emplois
d’encadrement supérieur de la fonction
publique de l’État en 2024, contre 33 %
en 2013. Rappelons également qu’à compter
de 2026, l’objectif légal est porté à 50 %,
conformément à la loi du 19 juillet
2023 visant à renforcer l’accès des
femmes aux responsabilités dans la fonction
publique.
La DGAFP revient également trois mesures récentes qui, selon la
direction, élargissent les droits des
agentes, notamment la création d’un congé
de naissance indemnisé et accessible à tous
les parents à compter de juillet 2026, ou
encore le renforcement de la protection
des fonctionnaires stagiaires enceintes dans
les écoles de service public.
Pour
autant, du côté de nos organisations
syndicales, les revendications restent très
nombreuses. L’intersyndicale a ainsi
interpellé, la semaine dernière, dans un
courrier commun, la ministre chargée de l’égalité
entre les femmes et les hommes et la lutte
contre les discriminations, Aurore Bergé, et
le ministre de l’Action et des comptes
publics, David Amiel. Derrière les
discours institutionnels sur l’égalité
femmes-hommes, les choix budgétaires et
politiques actuels organisent une régression
sociale assumée, en particulier dans la
fonction publique, font-ils valoir. |