| |
|
Après
une intrusion ayant donné lieu à une violation des
données fiscales de 350.000 Français, la DGFiP a détaillé
la situation ainsi que les premières mesures
d'urgence engagées. Parmi celles-ci, la mise au
point d'un système d'IA permettant de détecter les
failles de cybersécurité de l'administration, le
renforcement des contrôles d'accès ou encore des
programmes de formation améliorés.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| 99


|
La direction
générale des finances publiques
a été
la cible d’une intrusion, détectée fin
juin, mais dont les conséquences ne se sont révélées
que tardivement, au cœur de ce mois d’août.
Selon la communication officielle de la DGFiP,
un hacker s’est introduit fin juin dans le
système d’information et a pu dérober les
données fiscales d’environ 350.000
particuliers et 250.000 professionnels. Ce
n’est qu’à la mi-août, après la
revendication de celui-ci, que la direction a
lancé des investigations. Pourquoi est-ce
survenu aussi tard ? Si, fin juin, la
direction a pu couper l’accès malveillant dès
sa détection, elle n’a en revanche pas
constaté immédiatement le vol des données
concernées. En réalité, deux intrusions du
même hacker sont survenues : d’abord
au sein des fichiers du fisc, puis au sein du
fichier cadastral, contenant des données
patrimoniales des Français. L’enquête est
toujours en cours.
À
l’occasion d’une conférence de presse
tenue ce mardi 18 août, le ministre de
l’Action et des Comptes publics David Hamiel,
a reconnu, sur la cyber, une dette technique
de l’État. Certes, le système
d’information de la direction générale des
finances publiques est particulier : en
plus d’être construit sur un modèle
ancien, dont le chantier de modernisation est
engagé mais laborieux, il est totalement indépendant
du reste du périmètre ministériel, du fait
de sa haute sensibilité. Ce qui représente
à la fois un avantage en matière de sécurité,
mais aussi des inconvénients, puisqu’il ne
répond pas nécessairement aux mêmes mesures
de sécurité que le reste. Sa modernisation,
déjà engagée depuis 2020, demeure un
chantier complexe et laborieux, a rappelé la
directrice générale des finances publiques,
Amélie Verdier. En outre, le volume de données
manipulées au quotidien par les agents de la
direction générale des finances demeure
colossal, rendant difficile, avec les méthodes
actuelles, la détection d’extraction
illicite d’un grand volume de ces données. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
66699

|
|

|
Des mesures d’urgence ...
|
3
Représentants d’une administration sous le
feu des critiques et prenant acte de la
rupture de confiance envers les usagers, David
Amiel et Amélie Verdier ont annoncé quelques
mesures d’urgence en réponse à la
cyberattaque. Un audit, mené par l’Agence
nationale de la sécurité des systèmes
d’information, a d’ores et déjà été
lancé. Les premières conclusions seront
remises au gouvernement et au Parlement en
septembre, a précisé David Amiel. Le
diagnostic complétera les enseignements passés
et la feuille de route cyber formulée début
2026. Dès septembre, la direction interministérielle
du numérique devra rendre opérationnel un
système d’intelligence artificielle
permettant à l’administration de s’auto-attaquer
pour détecter les failles et vulnérabilités
de ses systèmes.
9
Sur le plan technique, la direction générale
des finances publiques va se doter, notamment,
de meilleurs dispositifs de détection,
d’une politique d’accès aux comptes
sensibles d’agents plus sécurisée – ces
derniers n’auront plus accès, via internet,
à certaines applications jugées sensibles,
entre autres – et d’une
politique d’authentification à double
facteur renforcée, ce dispositif n’étant
pas encore adopté de manière homogène.
Enfin, des campagnes de bug bounty, proposant à des hackers éthiques de détecter
des failles au sein d’un système
d’information, seront lancées, ainsi que
des programmes de formation améliorés à
destination des agents.
D’autre part, lundi 17 août, le
Premier ministre Sébastien Lecornu a organisé
une cellule interministérielle de crise cyber
dédiée à cette intrusion. Elle avait
plusieurs objets : valider la
notification de l’intrusion à tous les
particuliers et professionnels concernés,
mais aussi faire le point sur le plan, engagé
en avril, de renforcement du numérique de
l’État. À son issue, Matignon a confirmé,
sans détailler l’accélération de la mise
en œuvre du plan de sécurisation des systèmes
d’information, déjà engagé en avril
dernier : pas de nouvelles annonces,
hormis une demande aux ministères
d’intensifier leurs efforts sans attendre
les prochaines échéances de suivi du plan
d’urgence cyber que nous détaillions il y a
quelques semaines. La création de l’Ariane,
future direction interministérielle du numérique
et pilotée par Walter Arnaud, est toujours
fixée au 1ᵉʳ janvier prochain.
Si
les pouvoirs publics affirment avoir
conscience de la gravité de la situation,
l’accumulation des cyberattaques, ces
derniers mois, combinée à la violation de
données fiscales, donc sensibles, sonne comme
un coup de grâce après la cyberattaque
subie par l’Agence nationale des titres sécurisés.
En matière de cyber, la question n’est pas
de savoir si on va être attaqué, mais quand.
La responsabilité des dirigeants est de
repousser sans relâche cette échéance :
aucun ministère ni opérateur public n’est
à l’abri, analyse un ancien conseiller de
l’exécutif.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|

|
|

|
Les syndicats furieux … |
Selon nos organisions syndicales, les
risques étaient bien identifiés. À la suite
de la communication de la DGFiP, nos syndicats
sont rapidement montés au créneau pour
rappeler qu’ils alertaient déjà, de longue
date, sur les risques identifiés de
cyberattaques au sein de l’institution.
Là
où nous sommes furieux, c’est qu’il a
fallu que le cybercriminel fasse une annonce
pour que la direction générale intervienne
et annonce qu’il y a eu une fuite, et
qu’elle craint la difficulté de se relever
après une telle attaque, et que la
responsabilité soit imputée aux
agents. On sent notre direction un peu dépassée
par les évènements. Elle parle de crise systémique,
et elle a raison. Il y a eu une réunion de
crise, organisée par la DGFiP avec nos
syndicats, et l’un d’entre eux
rappelle, de son côté, avoir alerté tous
ses interlocuteurs sur le traitement défavorable
de la DGFiP en matière de moyens et
d’emplois, sans équivalent dans toute la
sphère publique, et sur la dette informatique
contractée par des années de
sous-investissement chronique.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|