| |
|
Soumis
par le gouvernement aux parlementaires, les budgets
de l’Etat et de la sécurité sociale sont
actuellement examinés par la représentation
nationale. Face au cadrage comptable resserré de
l’Exécutif, contraint par le niveau
d’endettement record des finances publiques, la
CFTC opte pour une optique responsable et équitable.
|
|
|
|
|
|
|
Si certaines économies sont entendables et nécessaires,
les efforts demandés à tous doivent
d’abord concerner les entreprises les plus
profitables et les particuliers les plus aisés,
ainsi qu’être proportionnés aux moyens de
chacun. |
|
|
|
|
|
|
|
6

|
Début octobre, le gouvernement a présenté les
textes budgétaires qui détermineront les dépenses
de l’Etat et de la sécurité sociale en
2027. Pour freiner l’endettement record des
finances publiques, le cadrage comptable
proposé par Matignon est particulièrement
rigoureux. Dans un contexte de fortes tensions
sociales – où les mobilisations de tous
types se multiplient –la CFTC juge nécessaire
de clarifier ses positions quant à la
politique de rigueur du gouvernement. Alors
que le seul paiement des intérêts de la
dette publique menace de bientôt devenir le
premier budget de l’Etat (devant celui de
l’Education nationale), notre syndicat opte
comme à son habitude pour une optique
responsable, en reconnaissant la gravité de
la situation budgétaire. Un effort collectif
est donc factuellement inévitable, pour
assainir les comptes publics. Toutefois, ce même
effort doit impérativement être équitablement
réparti, selon la capacité contributive de
chacun.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
6

|
|

|
Actifs, retraités : partager l’effort budgétaire
... |
A titre d’exemple, notre organisation
soutient le rabotement des exonérations
appliquées à certaines indemnités de
rupture de contrats de travail, souhaité par
le Gouvernement. Quand un salarié ne payait
aucune cotisation tant que ses indemnités de
départ ne dépassaient pas 96.000 euros, l’Exécutif
souhaite rabaisser ce plafond d’exonérations
à 48.060 euros. Compte tenu des sommes
concernées, seuls les salariés les plus
favorisés seraient donc impactés. Pour la
CFTC, cette mesure fait sens : il est logique
que les mieux lotis soient les premiers à
contribuer au redressement des comptes
publics. Toutefois, notre organisation milite
aussi pour une répartition partagée de
l’effort budgétaire, où chacun serait
sollicité en fonction de ses moyens. Les
actifs ne peuvent donc pas être la seule
population sollicitée. Les retraités les
plus aisés – dont les pensions sont
habituellement indexées sur l’inflation
– doivent aussi jouer leur part. Ainsi, la moindre
indexation des prestations de retraite les
plus confortables (par exemple, au-delà de la
pension médiane) nous semble envisageable, si
et seulement si les retraites les plus
modestes sont épargnées et restent revalorisées
au niveau de l’inflation.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|

|
Mieux réguler et contrôler l’efficacité de
certains médicaments ... |
99
Outre le financement des retraites, c’est la
rigorisation des dépenses de la branche
maladie de la sécurité sociale qui est ciblée
par l’Exécutif. A cet égard, certaines
mesures sont globalement saluées par la CFTC.
On peut par exemple songer à l’instauration
d’une « règle d’or », qui prévoit la réévaluation
régulière de l’efficacité sanitaire de
certains médicaments. Celle-ci pourrait
permettre de favoriser le retrait ou la baisse
de prise en charge de produits dont
l’efficacité est jugée insuffisante par la
Haute Autorité de Santé (comme le Spasfon ou
l’Imodium), en vue de renforcer
l’efficience des dépenses de santé. La
CFTC se prononce également en faveur de l’élargissement
de la taxe soda, qui est demandée depuis de
nombreuses années par notre organisation :
cette contribution – qui visait à
l’origine les boissons gazeuses et autres
liquides sucrés – devrait être étendue
aux aliments solides transformés contenant
des sucres ajoutés (gâteaux, biscuits, céréales
et barres céréalières, confiseries,
viennoiseries industrielles etc…). Outre le
gain financier attendu, cette mesure devrait
aussi permettre de lutter contre l’obésité
et le diabète, en incitant les industriels à
améliorer la qualité nutritionnelle de leurs
produits.
|
|
|
|
|
|
|
|
|

|
|

|
Politique familiale : de nombreux et inquiétants
reculs ... |
Si
certaines économies sont donc acceptables,
d’autres semblent beaucoup plus inéquitables.
Notre organisation s’alarme notamment des
coups de rabot budgétaires que l’Etat
impose à la politique d’aide aux familles.
A ce titre, les reculs sont nombreux : on peut
notamment citer le gel des allocations
familiales ou encore les coupes sur l’Allocation
de Rentrée Scolaire (ARS), qui pénalise
directement les familles modestes. Pire encore
: la perte de 500 millions d’euros alloués
au fonds national d’action sociale (FNAS) va
directement amputer les crédits alloués à
la petite enfance et aux crèches. Notre pays
traverse un hiver démographique et les
structures familiales changent, mais cela ne
justifie pas de baisser les budgets alloués
aux familles. Pour la CFTC, il faut au
contraire les repenser, en allouant des
mesures et ressources ambitieuses visant à
lever les freins à la parentalité. Priver la
branche famille de la sécurité sociale de sa
capacité à mener à bien ses missions ne
peut qu’accentuer les problématiques démographiques
auxquelles doit déjà faire face le pays. |
|
|
|
|
|
|
|
|

|
|

|
Beaucoup d’efforts demandés aux travailleurs,
trop peu aux employeurs ... |
Enfin, la CFTC ne peut que regretter le manque de
mesures ambitieuses présentées par l’Etat
pour trouver de nouvelles recettes visant à
mieux financer l’action publique. Le
gouvernement a notamment annoncé une baisse
de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices
des grandes entreprises, qui devrait être réduite
de 7.5 à 5 milliards euros. Alors que de
nouveaux efforts sont demandés aux assurés
sociaux, il est profondément injuste que les
entreprises les plus solides et établies ne
soient pas davantage mises à contribution.
Idem s’agissant des exonérations de
cotisations versées aux employeurs, estimées
à 211 milliards d’euros par an. Si la CFTC
juge légitime d’appuyer les entreprises
dans leur développement, ces milliards
d’aide restent trop peu contrôlés et
insuffisamment soumis au strict respect de
critères sociaux-environnementaux. Sur ce
sujet comme pour tant d’autres, la puissance
publique manque donc d’une vision stratégique:
la prévention en santé – qui pourrait
permettre à la sécurité sociale d’économiser
à terme des milliards d’euros – n’est
pas une priorité sanitaire, quand les
politiques familiales ne sont pas outillées
pour permettre aux Français de vraiment réaliser
leur désir de parentalité. Si la CFTC ne
conteste pas la nécessité d’assainir les
finances publiques, ces budgets 2027 de l’Etat
et de la Sécurité sociale ne font donc, en
somme, que répondre aux symptômes d’une
situation d’urgence, sans jamais en traiter
les causes. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|